
Le problème essentiel de cette phrase réside dans le verbe éclore, qui est ce que l’on appelle un verbe défectif, c’est-à-dire un verbe pour lequel certains temps ou personnes sont inusités (par exemple : pleuvoir. On ne dit pas : « vous pleuvez »).
Le verbe éclore ne se conjugue pas au passé simple et à l’imparfait de l’indicatif, ni à l’imparfait du subjonctif. Le Littré indique le contraire, mais depuis, tous les grammairiens s’accordent sur ce fait.
Par ailleurs, je m’inspire toujours de cas rencontrés lors de mes missions, parfois en modifiant la phrase pour y glisser un piège, une mauvaise piste.
Ici, la phrase est tirée d’un roman au style très poétique. Prise isolément, elle peut sembler étrange, mais avec le contexte, elle ne l’était pas vraiment et mon travail consiste à corriger les erreurs et faire des propositions de modifications, tout en respectant l’intention de l’auteur.
Le fait d’écrire « L’air diffuse une odeur » n’est pas strictement fautif, mais maladroit, l’air étant le milieu dans lequel l’odeur est diffusée.
Concernant les doutes sur le mot « gerbe », il revêt différents sens. Outre un ensemble de fleurs coupées, il peut signifier la « forme prise par quelque chose qui jaillit » ou la « réunion de choses semblables » (Larousse). Il ne pose donc pas de problème dans cette phrase.
Enfin, le mot « myriade » signifie une quantité innombrable. Le pluriel appuie cette impression.
Dans notre exemple, il aurait donc fallu écrire : « L’air diffusait des effluves d’herbe fraîchement coupée, des gerbes de fleurs avaient éclos un peu partout, telles des myriades de clochettes. »